top of page

On se refait un point la semaine prochaine ? Quand la réunion devient un symptôme

il y a 2 jours
4 min de lecture


On se refait un point la semaine prochaine ? Quand la réunion devient un symptôme


Il y a des phrases qui semblent anodines et qui, parfois, racontent beaucoup plus qu’elles n’en ont l’air. « On se refait un point la semaine prochaine ? » en fait partie. Bien sûr, il existe quantité de situations où prévoir un nouveau rendez-vous est parfaitement justifié. Un sujet complexe peut nécessiter des analyses complémentaires, des avis techniques ou un arbitrage qui n’est pas encore disponible. Mais il arrive aussi que cette phrase serve simplement à refermer une réunion qui n’a pas réellement produit ce qu’elle devait produire.


Pas de décision, pas de conclusion claire, pas de plan d’action, parfois même pas de vision partagée de l’objectif. On a parlé, chacun a donné son avis, plusieurs sujets périphériques se sont invités dans la discussion et, au moment de se quitter, personne ne sait très bien qui fait quoi ni ce qui permettra de trancher la prochaine fois.


Le problème n’est pas seulement le temps perdu. Une réunion mal cadrée consomme de l’attention, fragmente les journées et donne parfois une impression d’activité alors que le dossier avance peu. Or cette heure aurait pu être utilisée pour approfondir une analyse, appeler un client, préparer une décision ou prendre du temps avec un collaborateur qui en avait réellement besoin.


deux personnes vues de haut préparant leur prochaine réunion avec des post it


Le rôle du manager : donner un cadre utile


Le manager n’a évidemment pas vocation à organiser chaque minute de l’agenda de son équipe. Mais lorsqu’il convoque une réunion ou installe un rituel collectif, il lui appartient de donner un minimum de cadre : pourquoi sommes-nous là, qui doit être présent et qu’attend-on concrètement de ce temps ?


La question est particulièrement importante pour les réunions récurrentes. Un point d’équipe hebdomadaire peut très vite devenir un inventaire interminable de dossiers si personne n’a défini ce qui mérite réellement d’être remonté. Le manager veut-il connaître chaque étape de chaque sujet ? Être alerté uniquement sur les risques et blocages ? Identifier les décisions qui nécessitent son arbitrage ? Anticiper les échéances sensibles ?


Ces attentes peuvent être très simples. Elles gagnent surtout à être explicites et construites avec l’équipe. Un format de suivi léger suffit souvent. L’objectif n’est pas de produire davantage de reporting, mais au contraire d’éviter de passer une heure à chercher collectivement l’information dont on avait besoin.



Quand l’absence de décision cache autre chose


Certaines réunions tournent en rond non parce qu’elles sont mal organisées, mais parce que la décision elle-même est difficile. Dans ce cas, reconvoquer les mêmes personnes sans modifier la manière d’aborder le sujet ne résout généralement rien.

La bonne question devient alors : qu’est-ce qui nous empêche de décider ? Une information manque-t-elle ? Le risque est-il insuffisamment compris ? Faut-il un avis juridique, financier ou technique ? L’arbitrage dépend-il d’une personne qui n’est pas autour de la table ? Les options sont-elles seulement formulées de manière suffisamment claire pour être comparées ?


Identifier le vrai point de blocage permet de transformer la réunion suivante. On ne se revoit plus simplement « pour refaire un point » : on réunit les bons interlocuteurs autour des bonnes questions, avec l’objectif d’obtenir ce qui manque pour avancer.


Court ne veut pas toujours dire efficace


Dans l’une de mes missions, les réunions de trente minutes maximum étaient fortement encouragées. J’ai beaucoup aimé cette discipline. Elle oblige à préparer son sujet, à éviter les longs détours et à savoir ce que l’on vient chercher.

Mais j’ai aussi constaté que cette règle ne pouvait pas devenir un principe absolu. Avec une équipe, certains rendez-vous ont une autre fonction. Ils permettent de prendre des nouvelles, de laisser émerger un problème qui n’avait pas été annoncé, de comprendre une frustration ou simplement de maintenir une relation de travail qui ne soit pas réduite à une succession de tâches.

L’efficacité d’une réunion ne se mesure donc pas seulement à sa durée. Trente minutes peuvent être interminables quand personne ne sait pourquoi il est là. Une heure peut être précieuse lorsqu’elle permet de traiter un sujet complexe ou d’écouter réellement une équipe.


Une responsabilité finalement assez collective


Le manager a une responsabilité particulière parce qu’il peut fixer le cadre et arbitrer. Mais il n’est pas le seul responsable. Chacun peut contribuer à améliorer la qualité d’une réunion : demander l’objectif lorsqu’il n’est pas clair, arriver avec les éléments attendus, reformuler la décision prise, préciser les prochaines étapes ou même questionner la nécessité du rendez-vous.

Nous avons parfois tendance à subir nos agendas comme s’ils étaient une fatalité. Ils sont pourtant aussi le résultat de petites habitudes collectives. Certaines sont utiles. D’autres méritent simplement d’être interrogées.

Avant de cliquer sur « envoyer l’invitation », une question peut suffire : à la fin de cette réunion, qu’est-ce que nous devons avoir obtenu ? Si nous savons répondre clairement, le rendez-vous a probablement une raison d’exister. Si nous ne savons pas, il est peut-être encore temps de réfléchir à ce que nous voulons réellement en faire.

bottom of page